La presse en parle

Article des DNA Obernai le 4 octobre 2016

DNA – Goncourt des Lycéens


Article des DNA de la soirée de lancement du 26 septembre 2016


Soirée de gala pour le jury du Goncourt des Lycéens


Une classe de seconde générale honore le lycée agricole d’ Obernai en étant sélectionnée pour faire partie du jury du célèbre Goncourt des Lycéens 2016. Les enjeux de leur nomination ont été énoncés lors d’une soirée de gala.
C’est dans un cadre lumineux, chaleureux et verdoyant que s’est déroulée la soirée de lancement du prestigieux Goncourt des Lycéens. Nicole Freyss, professeur documentaliste, se réjouit d’accueillir pour l’occasion les élèves participants mais aussi leurs professeurs et parents venus les encourager dans cette mission littéraire. « Le CDI du lycée Agricole d’Obernai se prête tout à fait à ce genre d’événement. Un patio zen et japonisant fait que ce lieu est tout à fait propice à la détente, la lecture et la concentration », précise la documentaliste.
La fébrilité et l’enthousiasme des lycéens est palpable et le discours solennel et emprunt de fierté de leur proviseur, M Girodot, ne peut qu’attiser leur flamme pour la lecture. « Vous faîtes tous honneur au Lycée Agricole d’Obernai en participant cette année au jury du Goncourt des Lycéens. Deux mois d’aventures littéraires hors norme vous attendent », s’est-il déclaré. Par ailleurs, M Girodot a également tenu à sensibiliser les jeunes membres de jury quant à l’immense responsabilité qu’ils allaient endosser par rapport au monde de l’Édition et aux auteurs nominés quand ils auront à exprimer leur choix.
Ce sont au total quatorze romans que Marion, Louis, Lisa, Marina ou encore Loïc auront à lire dans un délai imparti réduit à une peau de chagrin. En plus d’être un défi de taille, être membre d’un jury littéraire alourdit considérablement la charge quotidienne de travail scolaire. Pourtant, cela n’entache en rien leur motivation même si l’annonce de leur sélection au Goncourt des Lycéens a eu l’effet d’un choc. « Quatorze romans à dévorer et à s’approprier en deux mois seulement, ce n’est pas rien! Même si je suis une lectrice plutôt assidue et régulière, je ne lis quand même pas autant d’habitude », s’accorde à dire Marion, 15 ans, qui se rêve déjà à participer aux délibérations régionales prévues le 11 octobre prochain à Nancy. Et leur mission est loin de se résumer à un marathon de lecture. « C’est un véritable travail de critique littéraire que mes lycéens doivent réaliser. Chaque roman doit être minutieusement étudié pour que chacun puisse émettre un avis », explique Mme Guyot, professeur de français, entre deux intermèdes musicaux. Au-delà d’être un réel élément fédérateur au sein d’une classe, devenir membre de jury d’un prestigieux concours littéraire a aussi une visée pédagogique dont les objectifs s’avèrent multiples: sensibiliser les jeunes à la littérature moderne, développer leur sens critique et leur faire découvrir les arcanes de la littérature, entre autres.

Les élèves , les lecteurs


A la découverte de l’affaire Léon Sadorski…
Romain Slocombe

On a aimé ce livre car la fiction rejoint l’Histoire mais aussi l’auteur donne la parole à un « collabo » qui apporte un point de vue novateur. D’autre part Léon, manipulateur, jouant sur les deux tableaux, résistant et nazi, réussit à toujours brouiller les pistes…
D’un autre côté, certaines références historiques enrichissent la fiction et donnent l’illusion du réel.

Eléna, Marion, Raphaël


L’enfant qui mesurait le monde
Metin Arditi

La poésie au service du nombre d’or.
C’est un roman agréable à lire car le lecteur suit les périples de deux personnages, Eliot et Yannis, venant de deux univers opposés et de deux générations différentes, le premier à 62 ans et Yannis, 12 ans. La singularité de Yannis réside dans son autisme et son obsession de calculer l’ordre du monde. Le lecteur est tenu en haleine jusqu’à la fin …

Charlotte et Louis


Cannibales
Régis Jauffret

Les fantasmes de Régis Jauffret
Le côté positif de ce roman réside dans une écriture particulière : l’épistolaire. Trois personnages expriment leurs sentiments tout au long d’actions inattendues qui vont bouleverser le récit. Le projet de la mère et de l’ex petite-amie de Geoffrey est de dévorer celui-ci car il leur a fait du mal.
La suite est surprenante…

Hugo, Samuel, Albane, Ludovic, Loïc et Guillaume


Tropique de la violence
Natacha Appanah

Descente aux enfers.
Nous avons beaucoup aimé ce livre car il retrace les thématiques actuelles : les migrants, la violence, la délinquance, dans un paysage exotique où la végétation est luxuriante…
Cette histoire nous interpelle car Moïse est un adolescent de notre âge qui vit une histoire émouvante, tragique.
L’écriture est fluide, poétique et le changement de point de vue rend le roman plus poignant.

Sarah, Colin, Laurie et Valentine


Laëtitia ou la fin des hommes
Ivan Jablonka

Laëtitia n’est pas un fait divers
Ivan Jablonka a effectué un travail de recherches remarquable. Il a rencontré tous les protagonistes de l’histoire et notamment sa sœur jumelle, Jessica. Il nous révèle les dessous de l’histoire que les médias taisent généralement. Mais cela alourdit le récit car les différents points de vue sont répétitifs. En revanche il a rendu hommage à Laëtitia en la mettant dans la lumière du jour.

Paoline, Théa, Lisa, Cécilia, Camille et Adeline

Les romans, leurs auteurs

La succession, de Jean-Paul Dubois

             Paul Katrakilis vit à Miami et joue de la cesta punta (une sorte de pelote basque) pour vivre. Un jour, on lui annonce le décès de son père et il doit rentrer en France pour régler la succession. Là, il va découvrir la personnalité du père dont il ne soupçonnait pas la part d’ombre et son destin va basculer…
La phrase « J’acceptais sa succession » résume l’œuvre et montre qu’on n’échappe ni à la filiation, à son histoire, à son héritage.


L’insouciance, de Karine Tuil

L’histoire se déroule à notre époque et nous suivons 4 personnages : Romain Roller, militaire revenant d’Afghanistan ; François Vély, patron français du CAC 40 ; Osman Diboula, aucun diplôme, a créé « Banlieue 34 », repéré par le président de la République, travaillera dans son ombre et Marion, reporter, écrivaine. Ils proviennent de milieux différents, vont se rencontrer et perdront toutes leurs illusions.
Écriture incisive qui va droit au but et apporte une réflexion sur notre errements contemporains.

 


L’affaire Léon Sadorski, de Romain Slocombe

Léon Sadorski, inspecteur principal, travaille à la préfecture de Paris aux affaires juives, nous sommes en avril 1942. Nous suivons cet inspecteur zélé, prêt à tout, pour satisfaire ses supérieurs et ne pas être inquiété. Une plongée au cœur de l’Histoire qui révèle la nature humaine dans ce qu’elle a de plus abjecte…
« N’obéissez qu’à votre conscience » phrase qui pourrait résumer le livre et le point de vue est celui d’un collabo…

 


Babylone, de Yasmina Reza

Elisabeth, la narratrice, voisine de Jean-Lino, décide d’inviter des amis pour fêter le printemps.
Cette fête va tourner au drame et permet à Y. Reza d’évoquer les thèmes de la solitude de l’exil, du couple et de l’abandon. Une satire sociale et un polar ? Un malentendu ordinaire qui déclenche l’irréparable…

 

 


Continuer, de Laurent Mauvignier

 

Une mère, Sybille, décide de sauver son fils de l’emprise de la drogue et de la violence. Ils quittent Bordeaux pour une chevauchée à travers les montagnes du Kirghizistan. Au cours de ce périple la mère et le fils vont-ils se rapprocher ?
Une écriture au cordeau qui entre dans l’intimité des personnages avec leur fragilité et leur violence.


Laëtitia, de Ivan Jablonka

Laëtitia : fait divers le plus médiatisé, celui d’une jeune fille, Laëtitia, 18 ans, retrouvée démembrée, violée et abandonnée dans plusieurs étangs du côté de Saint Nazaire en 2011.
Dans ce roman, l’auteur rend hommage à Laëtitia en retraçant sa vie et son parcours.

 

 


Chanson douce, de Leïla Slimani

D’entrée de jeu, la narratrice donne le ton puisque nous apprenons que ces deux enfants ont été assassinés par leur nourrice.
Récit rétrospectif qui renforce le parcours de Louise baby sitter qui va commettre l’irréparable. « Chanson douce » nous fait basculer dans l’horreur. Un drame psychologique qui dérange !

 


L’enfant qui mesurait le monde, de Metin Arditi

Rencontre inattendue entre Yanis, enfant singulier et Eliot, architecte américain qui décide de s’installer sur l’île grecque de Kalamaki pour perpétuer le travail de sa fille Dickie décédée ici…
Écriture poétique qui nous emmène dans un univers où règne la solidarité.

 

 


Ma part de Gaulois, de Magyd Cherfi

C’est le récit de Magyd Cherfi, enfant des cités, confronté au décalage entre ce qu’il est et ce qu’il devient par le truchement de l’école.
Entre ces lignes se glisse toute une réflexion sur l’identité et les blessures qu’elle peut engendrer. Un récit autobiographique qui nous emmène dans le Sud-Ouest, oscillant entre la gravité et l’auto-dérision.

 

 


Petit pays, de Gaël Faye

Ce premier roman pose les questions des blessures identitaires à travers le personnage de Gabriel. A l’âge de 10 ans, il est confronté à la guerre du Rwanda (hutus contre tutsis), condamné à l’exil au Burundi et en France…
Gabriel est l’alter ego de Gaël Faye et l’écriture lui permet de mettre « en mots des maux »…

 

 


Règne animal, de Jean-Baptiste Del Amo

Ce roman est un voyage qui nous emmène à travers la France paysanne de la fin du XIX e jusqu’au XX e siècle. Nous suivons une famille sur cinq générations : de l’exploitation agricole traditionnelle à l’élevage industriel…
Une écriture incisive qui dépeint le quotidien et la nature de cette famille qui bascule dans la violence.Une réflexion sur la cause animale qui ne peut laisser indifférent !

 


Possédées, de Frédéric Gros

Le 18 Août 1634, le séduisant et cultivé curé Urbain Grandier est brûlé en place publique accusé d’avoir fait pénétrer le diable dans l’esprit et le corps des religieuses. L’affaire de Loudun, comme on la nomme, va servir à l’Église pour redorer son blason…
Ici Frédéric Gros nous emmène dans la France du XVII e et ses fanatismes qui ne sont pas sans rappeler ceux de notre modernité.

 


Tropique de la violence, de Natacha Appanah

C’est l’histoire de Marie, une jeune infirmière qui habite l’île de Mayotte. Un jour, elle adopte Moïse, un bébé arrivé clandestinement sur l’île depuis les Comores. Il est rejeté par sa mère car elle pense que c’est le fils du Djinn (diable) à cause de ses yeux vairons (hétérochromes). Vers l’âge de quatorze ans, Moïse veut savoir la vérité sur ses origines et commence à trainer avec des jeunes d’un bidonville surnommé Gaza, à la recherche de son identité. Quand Marie décède brutalement, il part vivre dans le quartier de Gaza et rencontre Bruce, le chef du bidonville. Commence alors un crescendo de violence jusqu’au summum de l’horreur. On suit aussi l’histoire du point de vue de Stéphane, un homme qui essaye naïvement d’aider les jeunes du bidonville. Et de celui d’Olivier, un policier désabusé. Un roman au style flamboyant où les descriptions nous emmènent vers un dépaysement assuré…